Histoire des protestants à Lyon

Valdo - 04011 • Le protestantisme est lié aux débuts du christianisme

Dès 177 une communauté chrétienne existait à Lyon. C’est à Lyon qu’eurent lieu le procès et le martyre des premiers chrétiens de Gaule en 177, dont la plus connue est Blandine.

Les Protestants reconnaissent un précurseur en Pierre Valdo (fin 12e – début 13e siècle). Ce riche marchand lyonnais décide d’abandonner tous ses biens aux pauvres et prêche la pauvreté à ses concitoyens, priant et lisant l’Ecriture dans la langue de tous les jours. Pierre Valdo est une figure qui se rattache au grand mouvement de la “pauvreté évangélique”, comme François d’Assise.

2 • Le rôle de Lyon, dans le développement de la Réforme, n’a pas été aussi important qu’on l’a dit parfois

On ne trouve aucune trace de la Réforme avant 1520-1525, date à laquelle on signale l’importation de “livres hérétiques”. Les idées nouvelles apparaissent seulement en 1524 (à Paris en 1521), avec la prédication du carême à Sainte-Croix (à côté de Saint-Jean).

Début 1540, trois “hérétiques” sont brûlés à Lyon, mais on ne sait rien d’eux…

En 1546, le premier pasteur présent à Lyon est Pierre Fourneret avec une cinquantaine de fidèles.

En 1552, cinq pasteurs venant de Lausanne et Genève regagnent le sud-ouest de la France. Trahis, ils sont arrêtés à Lyon et exécutés en mai 1553 aux Terreaux.

A Lyon, la Réforme prend un caractère particulier. Les éléments populaires et le monde des imprimeurs adhèrent les premiers. Ils entraînent à leur suite quelques familles de notables bourgeois, y compris des Consuls, qui deviendront les chefs du “parti protestant”.

A partir de 1559, la situation se tend, les incidents se multiplient

La nuit du 29 au 30 avril 1562, c’est “ le coup de force protestant ” : la ville sera administrée pendant 13 mois par 12 Consuls protestants.

Lyon finit par rentrer sous l’autorité du Roi en juin 1563. Mais le 10 août 1563, tout le protestantisme français est là pour le 4e synode national. Les Protestants sont autorisés à construire 3 temples (un à Bourgneuf, temple “Fleur de Lys”), un aux Terreaux “ sur les fossés de la Lanterne ” (où l’on trouve en 1991 des restes de corps inhumés près du temple) et un sur le tènement “Paradis” (rue Establerie) bien connu grâce au tableau de Genève.

3 • La cohabitation entre catholiques et protestants fut difficile, l’intolérance étant la règle

Février 1567, sac du temple des Terreaux, puis “ coup de force catholique” de la Saint-Michel, avant même le début de la seconde guerre de religion. Les Protestants sont “ fichés ”, certains expulsés, et ils n’ont plus le droit d’exercer librement leur culte dans la cité.

Août 1572, les “Vêpres lyonnaises” font quelques centaines de victimes. Les plus célèbres sont le pasteur Jacques Langlois, à Lyon depuis 1563, assassiné sur le pont de Saône et jeté à l’eau, ainsi que Claude Goudimel, l’harmonisateur des Psaumes de la Réforme. Le culte protestant est interdit à Lyon. Les protestants devront aller à Oullins, puis à Saint-Romain-au-Mont-d’Or, dont le temple sera détruit en 1686 en application de l’Edit de 1685 (révocation de l’Edit de Nantes).

4 • L’Edit de tolérance (1787) donne un Etat-civil aux protestants 2 ans avant la Révolution

La communauté protestante de Lyon a à peine le temps d’apprécier cette situation nouvelle, que la liberté de conscience lui est donnée en 1789, avec l’article 10 de la “ Déclaration des Droits de l’Homme ”, puis la liberté de culte accordée, enfin, en 1791 !

En 1801, la  Loge du Change est affectée au culte réformé à Lyon.

Eglise luthérienne5 • 19e siècle : Des Eglises protestantes de diverses sensibilités

L’Eglise réformée de Lyon est alors une Eglise concordataire (pasteurs payés par le gouvernement)

En 1832,  le pasteur Adolphe Monod, en rupture avec l’Eglise réformée fonde l’Eglise évangélique de Lyon, installée passage Thiaffait, où l’hospitalité est donnée aux Allemands pour célébrer le culte dans leur langue. C’est l’origine de l’Eglise luthérienne de Lyon, établie depuis 1892 rue Fénelon.

De même, les Anglais jouissent de cette hospitalité. Ce sont  les débuts de l’Eglise anglicane à Lyon.

En 1857, l’Eglise Evangélique s’installe dans la Chapelle de la rue Lanterne.

6 • Les protestants s’impliquent dans les œuvres

1825 voit naître “ La Société protestante de prévoyance et de secours mutuels ” (la première en France).

En 1830 est fondée la “ Bibliothèque populaire protestante de Lyon ”.

“L’Infirmerie protestante” apparaît, rue des Fantasques, dès 1844, et s’installe au cours des Chartreux (cours Général Giraud) en 1884.

Sont ouvertes aussi les maisons (on disait alors “asiles”) pour personnes âgées : Dethel et Morlot.

1884 est encore l’année de l’inauguration du “Nouveau temple” (quai Augagneur) par le pasteur Jules Aeschimann père. Le projet a été conçu par l’architecte lyonnais Gaspard André. Il intègre les écoles protestantes, logées dans l’immeuble adossé au temple, aujourd’hui 6, cours de la Liberté.

7 • Les protestants à Lyon au 20e siècle

En 1905, en application de la “ Loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat ”, des “associations cultuelles (*) ” sont fondées à Lyon dès 1906, auxquelles l’Etat attribue les temples, sauf celui du Change, propriété de la Ville de Lyon.

En 1938, l’Eglise réformée de France retrouve une certaine unité lors d’un synode tenu au temple du Change.

L’Eglise réformée de Lyon, indépendante, et l’Eglise Evangélique, décident alors d’entrer l’une et l’autre dans la nouvelle Eglise réformée de France, tout en conservant chacune son association cultuelle.

Entre 1940 et 1945, des protestants prennent une part active aux mouvements de résistance. Dès juillet 40, des pasteurs, par leurs prédications, marquent leur refus du régime de Pétain et dénoncent les lois antisémites.

Roland de Pury, pasteur de l’Eglise réformée de la rue Lanterne aux Terreaux, est arrêté par la Gestapo alors qu’il allait commencer le culte de Pentecôte. Son transfert – en robe pastorale – au fort de Montluc, puis sa détention, ont un fort retentissement.

Les protestants lyonnais et les mouvements de jeunesse (Eclaireurs unionistes, Union chrétienne de jeunes gens U.C.J.G.) ne sont pas en reste : fausses cartes, lutte contre le S.T.O., soutien aux maquis du plateau du Chambon-sur-Lignon, aide au passage des juifs qui tentent de rejoindre la Suisse…

Le temple du quai Victor Augagneur, avec sa double entrée cours de la Liberté, sert de refuge à des familles juives. En août 42, l’Armée secrète y établit son quartier général et le P.C. de la résistance.

8 • Après 1945, nouvelle période d’expansion

Le protestantisme connaît une nouvelle période d’expansion, avec l’implantation d’Eglises nouvelles et une ouverture plus grande aux questions posées par la société.

L’Eglise réformée s’implante à Villeurbanne, Montchat, Bron, St Fons, Oullins, la Guillotière, Vaise puis Tassin…

Les œuvres d’entraide se développent. Un Foyer protestant de la Mission populaire est créé à la Duchère. Le centre Pierre-Valdo (au Point du Jour) trouve sa vocation dans l’accueil des réfugiés.

D’autres Eglises se développent : l’Eglise baptiste à partir de 1942, rue Masséna, puis cours Vitton. L’Eglise évangélique libre de la rue Louis, l’Eglise évangélique du Réveil à Villeurbanne en 1958, la Mission tzigane…

L’Armée du Salut exerce ses actions dans le social et le témoignage à partir de ses deux postes.

9 • A partir de 1980

Les Eglises protestantes resserrent leurs liens dans le cadre de la Fédération protestante de France et mettent en place des actions communes : pastorale, aumôneries hospitalière ou des prisons…

Parallèlement, les contacts sont plus fréquents avec l’Eglise catholique et les autres Eglises chrétiennes. Dialogues, cérémonies et mouvements œcuméniques se multiplient. Les protestants sont associés dès l’origine, en 1982, à Radios Chrétiennes en France (R.C.F., initialement Radio Fourvière).

Enfin le dialogue inter-religieux et les relations fraternelles, jusqu’alors essentiellement tournées vers le Judaïsme, se développent avec des représentants de l’Islam. L’Eglise réformée de Lyon est membre du C.R.E.L., le Comité des Responsables des Eglises de Lyon, aux côtés des Eglises catholique, orthodoxe, baptiste, anglicane).

En 1995, un premier Forum, organisé le 1er octobre par les Eglises de la Fédération protestante de France remporte un succès inattendu.

En 1998, à l’occasion du 400e anniversaire de l’Edit de Nantes, 40 Eglises, œuvres et mouvements de la Fédération protestante organisent à la Halle Tony-Garnier un Forum régional sur un thème qui leur est cher : “ Convictions et tolérance ” (concert de gospel avec Liz Mac Comb, Village protestant… ). Le culte présidé par le pasteur Michel Bertrand rassemble 4.000 participants.

En 2000, Lyon accueille le synode national de l’Eglise réformée de Lyon. Et c’est au Palais des congrès de Lyon que l’E.R.F. lance sa démarche “Débat 2000-2000 débats” avec 3000 participants venus de toute la France et de nombreux invités de tous les pays. Une incitation au débat sur des questions de société et à une visibilité du témoignage chrétien dans la cité. Une soirée de 10 animations en centre ville est proposée aux Lyonnais.

L’association “Lyon, 2000 débats” organise en partenariat avec l’Université catholique des tables-ronde sur des thèmes comme la laïcité, la liberté religieuse, la tentation génocidaire.

Suite aux attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux U.S.A., l’Eglise réformée de Lyon et l’Eglise catholique initient une célébration inter-religieuse à la cathédrale St Jean pour appeler à la paix. Et en 2005, l’Eglise réformée de Lyon s’associe de manière active à l’accueil de la communauté San Egidio qui organise à Lyon une rencontre inter-religieuse internationale.

Dans le cadre de sa réflexion sur son implantation en région lyonnaise, l’Eglise réformée se lance en 2006 dans le projet de la création d’un nouveau centre paroissial dans l’Est lyonnais, dans le quartier de la Soie, en pleine rénovation.

Les trois paroisses de Villeurbanne, St Fons et Montchat se regroupent en une unique paroisse de l’Est lyonnais, et vendent leurs locaux devenus inadaptés. L’Espace protestant Théodore Monod est inauguré à Vaulx en Velin le 14 octobre 2008.

2009 voit l’inauguration d’un Espace Martin Luther King au parc de la Tête d’Or. Et la commémoration du 400° anniversaire de la naissance du Réformateur Jean Calvin avec une exposition « Lyon, capitale protestante » aux Archives municipales de Lyon (qui donne naissance au livre du même nom aux Editions Olivétan) accompagnée de nombreuses conférences.

En mai 2013, se tient le premier synode national de l’Eglise protestante unie, née de l’union entre Eglises luthérienne et réformée de France. Avec une journée solennelle inaugurale le samedi 11 mai au Grand temple et dans ses alentours.

iptheologieiptheologie: RT @Nicolas_RocherV: Ce soir à Sanary, conférence de J-N Pérès sur le thème : "l' #EPUdF un pis-aller ou un défi pour l'avenir ?" @iptheologie @EPUdF
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Nicolas_RocherVNicolas_RocherV: Ce soir à Sanary, conférence de J-N Pérès sur le thème : "l' #EPUdF un pis-aller ou un défi pour l'avenir ?" @iptheologie @EPUdF
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TigreekTigreek: Ma pasteur fait une prédic' sur l'Esprit et la joie de la rencontre... Un vrai régal, je ne vous dis que ça... #EPUdF #culte #rencontre
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maieulrmaieulr: RT @SophieOIlier: Gilles Pivot et Jacques-Noel Peres en 68 a l'@iptheologie!!!!! #synodeepudf ! http://t.co/EeQROpGx9P
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ReformeHebdoReformeHebdo: Le n°3513 de Réforme est en ligne ! Grande itw avec @ManuelValls, retour sur le #synodeepudf http://t.co/FMoy8icU6M http://t.co/7iAleTKibI
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ReformeHebdoReformeHebdo: 3e épisode de notre série vidéo "Paroles de #protestants", avec la pasteure Nicole Roulland http://t.co/6d03EXEaiU @EPUdF #synodeepudf
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